Sport & Cinéma : L’anthologie revient en librairie
- Ecrire le sport
- 19 nov. 2021
- 7 min de lecture
Nous sommes de nouveau devant la difficile épreuve du TOP 20 des films de sports. Si pour le football (voir l’article sur Le Foot à l’écran), nous avions un corpus d’environ 200 films, ici il s’élève à plus de 1600 films évoqués dans notre ouvrage, Sport&Cinéma qui paraît à nouveau ce 18 novembre aux éditions Amphora. Une centaine de films en plus mais aussi des sports ajoutés tels que le Kabaddi, le Kite Surf ou encore le Shogi par rapport à l’édition de 2016 récompensée par le prix du meilleur album de cinéma du Syndicat de la Critique Française de Cinéma.
Ces dernières années (depuis la première édition), le sport au cinéma a été très dynamique sur les écrans, toujours dans les sports populaires (boxe, football, baseball, football américain), mais aussi dans d’autres disciplines tels que le tennis avec des œuvres de belle tenue – de raquette (The Battle of Sexe, Borg/McEnroe, Cinquième set, La Méthode Williams) ou encore avec le basket (Amateur, The Way Back, Chacun pour tous, Boogie), ou bien la lutte (American Wrestler, Mon premier combat, The Last Champion)…
Nous avons aussi découvert des œuvres oubliées telles que Redbelt de David Mamet (2008) sur le Ju-Jitsu ou donné plus de places à certains sports comme le badminton qui passe d’un film évoqué en 2016 à quatre dont trois biopics sur des as du volant : Liem Swie King, Lee Chong Wei, et Susi Susanti !
En tout cas, le sport au cinéma se filme de mieux en mieux et semble intéresser de plus en plus les producteurs et cinéastes. Alors, nous vous proposons plutôt un TOP 25 des films de sport sortis depuis 2016. Et vous verrez que cela vient du monde entier.
Gérard et Julien Camy

Alpinisme
Free Solo d’Elizabeth Chai Vasarhelyi et Jimmy Chin (2018, USA) - Oscar du meilleur documentaire, il suit l’ascension à mains nues de la célèbre falaise El Capitan aux États-Unis par Alex Honnold, fou et génie qui fait des clins d’œil à la caméra, retenu par deux doigts avec 600m de vide sous lui. Pendant ce temps, le caméraman resté au sol, ne peut rester derrière sa caméra ne supportant plus la tension. Un film qui coupe le souffle.
Athlétisme
Sprinter de Storm Saulter (2018, Jamaïque) – Rien que pour voir The GOAT (Usain Bolt) dispenser sa science du 200m au jeune aspirant sprinter. Mais le film n’est pas que cela, entre les belles scènes de sprint sur piste, il parle aussi de la situation sociale de son pays, la Jamaïque.

Automobile
Le Mans 66 (Ford v Ferrari) de James Mangold (2019, USA) – Ce film s’inscrit dans la lignée de Rush avec son superbe casting et ses prises de vues de courses tout en mouvement et en déchainement visuel et sonore. Bien que le titre original laisse imaginer une nouvelle histoire de rivalité́, celle-ci n’est qu’en filigrane, et Le Mans 66 célèbre avant tout l’amitié́.
Badminton
Susi Susanti: Love All de Sim F. (2019, Indonésie) – Championne olympique en 1992, elle sera un porte-voix pour dénoncer les violences que subissent les indonésiens d’origine chinoise sous le régime militaire de Soeharto (1967-1998). Le film est aussi une belle histoire d’amour (elle formait un couple star avec Alan Budikusuma, lui aussi champion olympique en 1992) qui alterne lyrisme grandiloquent, reconstitution sportive tout à fait crédible avec l’histoire d’amour.
Baseball
Baseball Girl (Yagoosonyeo) de Choi Yun-tae (2019, Corée) - un film tendre, réaliste et émouvant sur la poursuite de ses rêves envers et contre tout. Le baseball est un sport très populaire en Corée et au Japon et cette nouvelle réussite cinématographique au scénario aussi solide que la photographie est belle, vient de nouveau le prouver.
Basket
The Way Back de Gavin O’Connor (2020, USA) – On aimerait bien savoir qui ne verserait pas une larme au cours de ce formidable mélodrame que l’acteur Ben Affleck éclaire d’une sombre lumière. Le basket lui donnera-t-il cette foi qui l’aidera à se sortir de sa dépression et de l’alcool dans lequel un deuil l’a plongé ? Après Miracle (2004), Warrior (2011), O’Connor est un des réalisateurs à suivre dans le sport au cinéma.

Boxe
Sparring de Samuel Jouy (2017, France) – Histoire d’un loser qui refuse la fatalité. Matthieu Kassovitz est puissant, incarnant ce boxeur qui ne veut pas raccrocher les gants malgré l’âge et les nombreuses défaites. Rocky était un loser magnifique, Steve est un perdant admirable...

Cyclisme
Coureur de Kenneth Mercken (2019, Belgique) – portrait terrifiant du cyclisme et de son arrière-cuisine dans une équipe de troisième division. Quand le coureur ne devient plus qu’un corps à nourrir d’efforts. Derrière la part d’autobio du réalisateur, l’ombre de VDB se profile dans ce film d’une beauté et d’une force déchirante.
Échecs
Critical Thinking de John Leguizamo (2020, USA) – sur l’histoire vraie d’un club d’échecs dans un lycée difficile de Miami. Une magnifique leçon de vie et une belle œuvre de cohésion et de revanche sociale menée par un admirable John Leguizamo.
Équitation
La Victoire à tout prix (Ride Like A Girl, Australie) de Rachel Griffiths (2019) – Inspirée de l’histoire de Michelle Payne, première jockey à avoir remporté la Melbourne Cup, ce biopic sincère et sans prétention est un beau portrait de femme qui a dû jouer des coudes pour se faire une place dans ce peloton d’hommes.
Football
Le Défi du champion de Leonardo d’Agostini (2019, Italie) – L’A.S. Roma a ouvert ses portes pour ce récit initiatique où deux handicapés de la vie, un professeur déprimé et un joueur superstar borderline, vont s’entraider pour trouver la lumière. Deux interprètes (Andrea Carpenzano, Stefano Accorsi) en parfaite symbiose.
La Permission de Soheil Beiraghi (2018, Iran) – La capitaine de l’équipe de Futsal d’Iran est interdite par son mari de sortir du pays pour une compétition. Une dénonciation du système patriarcal et de l’oppression dont sont victimes les Iraniennes, inspirée de faits réels. Beau et fort.
Diego Maradona d’Asif Kapadia (2019, GB) – ce portrait du génie du foot est un des plus beaux jamais réalisés. Se concentrant sur les huit années de Maradona à Naples (1984-1991), grâce des centaines heures d’archives (sons et images), il saisit et projette tout ce qui a fait la démesure de ce joueur, déifié par les Napolitains mais aux prises avec la drogue, la mafia…
Gymnastique
Olga d’Elie Grappe (2021, France-Ukraine-Suisse) – Le parcours poignant d’une jeune gymnaste ukrainienne rattrapée par le brutal cours de l’histoire qui la confronte à la question de l’identité́, de l’émancipation et de son engagement, tant dans le sport que dans le combat pour la liberté́.
Hockey sur glace
Indian Horse de Stephen S. Campanelli (2017, USA) – Sur les populations indiennes déportées et interdites de pratiquer leurs langues. L’un d’eux, Saul, espèrera s’en sortir avec le hockey. Le film décrit puissamment l’atmosphère délétère, minée par le racisme ambiant, d’une Amérique des années 1960.
MMA
Embattled de Nick Sarkisov (2020, USA) – Dans ce combat œdipien tragique entre un père et son fils, la cage devient le théâtre d’une tragédie grecque. Il y aurait aussi du Shakespeare dans la violence qui s’exprime dans et hors du ring. Stephen Dorff est impressionnant en père manipulateur et égocentrique, plus complexe qu’il n’y parait.
Motocyclisme
Rookie de Lieven Van Baelen (2020, Belgique) – Sur le mythique circuit moto des Frontières vers Chimay en Belgique, le film parle de rêves brisés, de passion dévorante et porte un regard désenchanté sur ces courses. Rarement, on avait filmé la moto et son univers aussi bien. La scène d’accident est à couper le souffle.
Natation
Nadia Butterfly de Pascal Plante (2020, Québec) – Plongée dans la tête des athlètes et de leur solitude dans ce monde où leurs décisions sont à chaque fois conditionnées par les autres et les compétitions. Katerine Savard, vraie nageuse médaillée olympique, est une Nadia plus que convaincante dans ce Tokyo 2020 qui n’avait pas eu lieu.
Patins à glace
Moi, Tonya (I, Tonya) de Craig Gillespie (2017, USA) – Dans ce faux documentaire au montage supercut et à la bande son qui déménage, le patinage artistique n’est plus le sujet d’une bluette comme dans la plupart des productions mais celui d’un film social, d’un portrait de femme qui s’est battu pour survivre. Margot Robbie est plus que surprenante en Tonya Harding.
Rodéo
The Rider de Chloé Zhao (2017, USA) - Prolongeant les destins des héros des Indomptables et de Junior Bonner, Chloé Zhao loin de tout romantisme, ausculte l’âpre réalité de ces cowboys d’un temps révolu, loin du mythe westernien, perdus dans un rêve américain qui s’est brisé depuis longtemps. Les acteurs jouent leur propre rôle. Impressionnant.
Ski
Slalom de Charlène Favier (2020, France) – Sur une jeune skieuse victime d’agression par son entraineur. Ce premier film coup de poing, intense et totalement maîtrisé refuse la figure du monstre et de la Lolita. Les scènes de skis sont filmées à la perfection.

Surf
Breath de Simon Baker (2017, Australie) – le réalisateur et acteur (The Mentalist) a enfin trouvé ici le récit qu’il voulait faire sur ce sport qui l’a construit. Tourné sur les côtes australiennes avec deux jeunes surfeurs non-comédiens, ce film initiatique est plein d’une poésie sauvage.
Tennis
The Battle of Sexes de Jonathan Dayton et Valerie Faris (2017, USA) – Sur le célèbre match entre Bobby Riggs le macho, fanfaron hâbleur, et Billie Jean King, la féministe intraitable. Le scénario d’une intelligence remarquable, privilégie le social au spectaculaire, insistant sur l’importance de cette victoire du féminisme dans l’évolution du tennis professionnel.
Cinquième set de Quentin Reynaud (2021, France) – Cette histoire de come-back sent la terre battue, transpire le réalisme, notamment dans les scènes de tennis. Il faut dire que Quentin Reynaud joua à haut niveau. Alex Lutz est convainquant en joueur refusant la réalité du court et de son corps.
Water-polo
Les Crevettes pailletées de Cédric Le Gallo et Maxime Govare (2019, France) – Un champion de natation homophobe va devoir entraîner l’équipe de water-polo d’homosexuelle pour les Gay Games. Ce scénario classique sur l’opposition de deux mondes se révèle drôle et développe un message autour de la différence qui ne peut faire que du bien.
Livres : Gérard et Julien Camy, Sport & Cinéma, Amphora, 2021.
Gérard et Julien Camy, Le foot à l'écran, Hugo Sport, 2021.
Bonus : Entretien de Julie Gaucher avec Julien Camy : https://gerardciefi.wixsite.com/ecrire-le-sport/single-post/2019/06/19/Le-sport-fait-son-cin%C3%A9ma-Entretien-avec-Julien-Camy-co-auteur-de-Sport-Cin%C3%A9ma
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